"L'exercice s'effectue habituellement entre les bateaux de la Marine nationale, mais ça manquait de réalisme !", souligne le capitaine de vaisseau Nicolas Gempp qui a supervisé - mercredi matin - le scénario de l'arraisonnement par "La Railleuse" du thonier "Tubuai Rava'ai". lui-ci jouait pour la circonstance le rôle d'un navire de pêche étranger surpris en acte de pêche illicite dans les eaux de la Zone Économique Exclusive de Polynésie française (ZEE PF).
Ce que l'on n'a pas vu
"Mettre un commando marine en action sur un vrai bateau de pêche, avec un vrai équipage de pêcheurs, ça permet de dérouler la procédure et ça donne une autre dimension à l'opération", poursuit le capitaine de vaisseau Nicolas Gempp.

La mission de surveillance et de police des pêches est une des principales missions de la Marine nationale en Polynésie française et entre dans le cadre de l'Action de l'État en Mer (AEM), placée sous la responsabilité du Haut commissaire, Adolphe Colrat.
Mercredi matin, l'exercice a validé l'efficacité des procédures de police des pêches.
Ce que l'on n'a pas vu, effectivement, est toute la chaîne de commandement qui participe à l'opération, à savoir le Haut commissaire et le chef de service des Affaires maritimes - qui autorisent la saisie du matériel de pêche, le procureur de la République qui ordonne le déroutement du bateau, et d'autres institutions administratives qui sont impliqués en pareil cas.
Dans la réalité

Comme le fait remarquer le commandement de la marine nationale, le nombre de navires de pêche pris en flagrant délit de pêche illicite dans les eaux polynésiennes est fort heureusement rare.
On se souvient malgré tout du cas, en mai 2007, du "Daniel F", thonier vénézuélien appréhendé dans les eaux marquisiennes, alors qu'il y pêchait illégalement.
Une fois à bord, les militaires avaient dressé des procès-verbaux constatant l'infraction et avaient saisi le matériel ainsi que les prises effectuées, soit 658 tonnes de poissons. Le capitaine du navire ayant reconnu les faits, le dossier avait été transmis au chef des Affaires maritimes qui avait alors prononcé la saisie du thonier, le 20 avril 2007.

Le tribunal de première instance de Papeete a confirmé la décision et a ordonné qu'une caution d'environ 68 millions Fcfp soit versée par l'armateur pour que le navire puisse regagner son port d'attache.
A noter que, depuis 2006, la France, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont conclu un accord tripartite en matière de surveillance et de police des pêches dans la zone Pacifique.